
Acte de mariage de Théophano et d'Otton II.
Source: Wikipedia.org
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Ottone,
un opéra rare mais fondateur
Le premier opéra monté à Payerne, Lotario de Händel, racontait la rencontre d’Adélaïde, jeune veuve du roi d’Italie et d’Otton le Grand, roi de Germanie (nommé Lotario à la scène chez Händel). Leur mariage sera ni plus ni moins l’acte fondateur qui permettra au couple de devenir le premier couple impérial du Saint-Empire romain germanique. Durant son règne, Adélaïde favorise inlassablement le développement du réseau des monastères liés à l’Abbaye de Cluny, en particulier à Payerne, lieu qu’elle visite et dote juste avant sa mort. L’histoire narrée par Ottone en est une suite directe. Elle se passe en Italie, non loin des anciennes terres d’Adélaïde. Le seul fils du couple impérial, Otton II (Ottone) doit prendre pour épouse la princesse byzantine Théophano. L’histoire conserve un précieux document témoignant du caractère exceptionnel de cette union entre les plus grandes puissances européennes : l’acte de mariage et de dotation de l’épouse Théophano Skleraina, somptueuse calligraphie dorée sur fond pourpre. Pour les besoins de l’intrigue d’opéra, les contradicteurs du pouvoir impérial, le prince italien Adelberto et sa mère, veuve de Bérenger d’Ivrée, personnages déjà présents dans Lotario, tentent d’empêcher le mariage et d’usurper le pouvoir. C’est par une scène de reconnaissance que l’intrigue se dénoue, permettant le mariage des deux souverains. Dans l’histoire, le lien entre la belle-mère Adélaïde et la bru Théophano n’a pas été sans tensions, mais on conserve d’Otton II, puis d’Otton III, le fils de Théophano, des diplômes qui assurent au monastère de Payerne prospérité et autonomie.
Händel ou Handel?
Né le 23 février 1685 à Halle dans le Duché de Magdebourg (Saint-Empire germanique), Georg Friedrich Händel vit en région germanophone et en Italie jusqu'en 1712. Ensuite, il s'établit en Angleterre et change l'orthographe de son nom pour George Frideric Handel. Il meurt le 14 avril 1759 à Westminster, Londres.
Un concept artistique entre l’universel et l’unique
Fidèle aux intuitions qui ont présidé à la production de concerts de qualité ces dernières décennies dans et autour de l’Abbatiale, le concept artistique qui guide toute l’aventure de "L’Opéra de l’Impératrice" allie un respect des sources et une mise en valeur imaginative des lieux.
L’opéra baroque: la représentation des émotions
En choisissant de proposer au public en 2024 un opéra de Handel, l’équipe organisatrice rappelle les origines baroques et italiennes de l’opéra: parler en chantant pour mieux exprimer les affetti des protagonistes, re-présenter une histoire la plus expressive possible. Rendre présente Adélaïde au cœur de Payerne, c’est l’écouter nous chanter ses détresses, ses peurs, ses révoltes, son amour dans un lieu qu’elle a chéri. Voilà le but de l’œuvre, de l’opera in musica, hier comme aujourd’hui.
Les choix artistiques de l’utilisation d’instruments baroques, d’un soin aux ornementations et d'une exécution musicale historiquement informée, mais aussi du cadre, des costumes et des ambiances de mise en scène s’inscrivent dans cette conscience de l’héritage patrimonial si prégnante dans le centre historique de Payerne. Celle-ci n’empêche en rien les concepteurs de "L’Opéra de l’Impératrice" de recourir aux techniques modernes pour exprimer la poésie et les émotions de l’œuvre et la rendre unique dans ce cadre: Adélaïde et sa famille nous rendent visite du Xᵉ siècle, les personnages s’expriment en italien du XVIIIᵉ siècle et, auréolés par les projecteurs du XXIᵉsiècle, nous émeuvent aujourd’hui et résonnent parfaitement avec l’actualité de la place des femmes dans notre société.
L’opéra baroque: entre mythologie et histoire
Les librettistes des opéras baroques puisent leurs sujets dans les mythologies ou les allégories pour parler à leurs contemporains, quitte parfois à les adapter pour les rendre plus dramatiques: Orphée, Didon et Enée, Ulysse… Le monde fantastique n’a pas de limite sur scène et les magiciennes côtoient les héros de sang royal dans des lieux enchantés où l’imagination vagabonde : c’est un spectacle des superlatifs.
Les principales exceptions à ce monde allégorique sont des sujets historiques, le plus souvent relatifs à des époques dont on ne sait tellement rien, qu’elles ont presque valeur de mythe. Telle est notre Adélaïde. Telle serait également la reine Berthe pour les Payernois, mais son opéra reste à écrire… Le propos de l’opera seria n’est pas la réalité des faits historiques. Ainsi, le livret de Handel n’hésite pas à créer des personnages de toute pièce, à leur donner des sentiments appropriés au drame, à projeter sur les scènes foule de détails imaginaires. Plus l’époque est méconnue, plus les libertés sont grandes. C’est cette marge de créativité et d’interprétation qui permet aussi aux artisans de "L’Opéra de l’Impératrice" de peindre ce que serait une Adélaïde payernoise et la faire parler aux cœurs des spectateurs contemporains.
L’opéra baroque: spectacle total, sur scène et dans les gradins
Un spectacle d’opéra, une "re-présentation", captive par la musique et la mise en scène. A Payerne, cela se vivra dans des lieux eux-mêmes chargés d’histoire. Il se vit également parce qu’il est un événement social et sociétal. Autrefois rendez-vous mondain où la (bonne) société se met en scène et conclut ses affaires, il est aujourd’hui encore occasion de tisser des liens et d’échanger points de vue ou cartes de visite. Le concept artistique se décline avant et après le spectacle, une fois de plus dans l’esprit des lieux habités: la production payernoise n’a ni les moyens, ni l’ambition de rivaliser avec les grandes maisons d’opéra et leur cadre inimitable, mais elle se veut au cœur d’une ville, en lien avec sa population, ses artisans et ses producteurs, pour la convivialité de la fête, sur les lieux mêmes où, dit-on, Adélaïde a jadis favorisé la prospérité.
L’opéra baroque: la représentation des émotions
En choisissant de proposer au public en 2024 un opéra de Handel, l’équipe organisatrice rappelle les origines baroques et italiennes de l’opéra: parler en chantant pour mieux exprimer les affetti des protagonistes, re-présenter une histoire la plus expressive possible. Rendre présente Adélaïde au cœur de Payerne, c’est l’écouter nous chanter ses détresses, ses peurs, ses révoltes, son amour dans un lieu qu’elle a chéri. Voilà le but de l’œuvre, de l’opera in musica, hier comme aujourd’hui.
Les choix artistiques de l’utilisation d’instruments baroques, d’un soin aux ornementations et d'une exécution musicale historiquement informée, mais aussi du cadre, des costumes et des ambiances de mise en scène s’inscrivent dans cette conscience de l’héritage patrimonial si prégnante dans le centre historique de Payerne. Celle-ci n’empêche en rien les concepteurs de "L’Opéra de l’Impératrice" de recourir aux techniques modernes pour exprimer la poésie et les émotions de l’œuvre et la rendre unique dans ce cadre: Adélaïde et sa famille nous rendent visite du Xᵉ siècle, les personnages s’expriment en italien du XVIIIᵉ siècle et, auréolés par les projecteurs du XXIᵉsiècle, nous émeuvent aujourd’hui et résonnent parfaitement avec l’actualité de la place des femmes dans notre société.
L’opéra baroque: entre mythologie et histoire
Les librettistes des opéras baroques puisent leurs sujets dans les mythologies ou les allégories pour parler à leurs contemporains, quitte parfois à les adapter pour les rendre plus dramatiques: Orphée, Didon et Enée, Ulysse… Le monde fantastique n’a pas de limite sur scène et les magiciennes côtoient les héros de sang royal dans des lieux enchantés où l’imagination vagabonde : c’est un spectacle des superlatifs.
Les principales exceptions à ce monde allégorique sont des sujets historiques, le plus souvent relatifs à des époques dont on ne sait tellement rien, qu’elles ont presque valeur de mythe. Telle est notre Adélaïde. Telle serait également la reine Berthe pour les Payernois, mais son opéra reste à écrire… Le propos de l’opera seria n’est pas la réalité des faits historiques. Ainsi, le livret de Handel n’hésite pas à créer des personnages de toute pièce, à leur donner des sentiments appropriés au drame, à projeter sur les scènes foule de détails imaginaires. Plus l’époque est méconnue, plus les libertés sont grandes. C’est cette marge de créativité et d’interprétation qui permet aussi aux artisans de "L’Opéra de l’Impératrice" de peindre ce que serait une Adélaïde payernoise et la faire parler aux cœurs des spectateurs contemporains.
L’opéra baroque: spectacle total, sur scène et dans les gradins
Un spectacle d’opéra, une "re-présentation", captive par la musique et la mise en scène. A Payerne, cela se vivra dans des lieux eux-mêmes chargés d’histoire. Il se vit également parce qu’il est un événement social et sociétal. Autrefois rendez-vous mondain où la (bonne) société se met en scène et conclut ses affaires, il est aujourd’hui encore occasion de tisser des liens et d’échanger points de vue ou cartes de visite. Le concept artistique se décline avant et après le spectacle, une fois de plus dans l’esprit des lieux habités: la production payernoise n’a ni les moyens, ni l’ambition de rivaliser avec les grandes maisons d’opéra et leur cadre inimitable, mais elle se veut au cœur d’une ville, en lien avec sa population, ses artisans et ses producteurs, pour la convivialité de la fête, sur les lieux mêmes où, dit-on, Adélaïde a jadis favorisé la prospérité.